Toute la vérité

Ingrid St-Pierre a livré le plus beau texte que vous lirez cette semaine!
Ingrid St-Pierre a livré le plus beau texte que vous lirez cette semaine!




Ingrid St-Pierre a livré le plus beau texte que vous lirez cette semaine!
"On a la larme à l'oeil. Elle est tellement talentueuse ! "

Ingrid St-Pierre a l'une des plus belles plumes de sa génération, et elle en a fait très souvent la démonstration: L'auteure compositrice-interprète a vraiment un très grand talent quand il s'agit de coucher sur le papier (ou le clavier) ses émotions. 



Elle parle des ''Amoureux Scaphandres'' dans un texte qui a été publié dans La Presse +, et elle y raconte l'histoire de Michelle et de Jacques. Son texte très poétique viendra certainement vous chercher comme il l'a fait pour nous ! 



On vous laisse en lire un extrait tout à fait passionnant juste ici: 



''Il y a des maisons où l’on pense à tort que c’est là que s’éteignent les histoires. On les imagine tristes et blanches. Logeant une petite colonie trouée de la mémoire, le dos cambré, les yeux vides. Souvent on pense que là-bas il n’y a que des peuplades au pas chaloupant, des p’tits vieux tristes aux idéaux volatilisés qui se bercent à perte de vue.



Mais entre les chapelets et les petites cuillères, dans les longs couloirs aux portes pareilles, moi, j’ai vu des anges en uniforme. Le cœur colorié grand comme des montagnes. Le sourire immense, aimant et habitable, le geste doux et bienveillant. Je le sais parce que ma grand-mère habitait là-bas, dans l’une de ces maisons à la toute fin de sa maladie, celle qui fait neiger dans les souvenirs. Ce n’était que de petits flocons d’oubli au début. Puis, la tempête. Tout a été enseveli sous les blancs de mémoire. Les anniversaires, les saisons, le nom de ses enfants, les histoires, l’existence.



Elle est partie en novembre. Dans sa chambre punaisée de photos de famille et de mots d’amour. Elle a soufflé sur la dernière petite bougie qui brûlait encore à petit feu. Délivrée d’elle-même.



Une histoire s’étiole doucement, mais au même moment, à quelques portes de là dans le couloir, il y a Michelle et Jacques. Les amoureux scaphandres.



Dans cette maison où l’on pense à tort que c’est là que viennent se terminer les histoires, il y a aussi parfois des commencements merveilleux. Le sublime inespéré. L’inouïe beauté d’un nouvel amour.






Jacques habitait à la résidence depuis quelques années déjà lorsque Michelle est arrivée. Quarante-huit et soixante-trois ans. Ç’a été le coup de foudre. Mais pas celui qui fait tomber. Celui qui envole. Celui qui transforme les fauteuils roulants en deltaplanes.



Au fil des années,



Il y a des rendez-vous galants entre les piluliers multicolores.



Il y a des rizières dans les draps santé.



Il y a le tour de la terre avant le souper.



Il y a des amoureux scaphandres s’aimant du bout des yeux.



Il y a de l’amour immense, plus grand que la sclérose en plaques et plus grand que le monde.



Si la maladie a ses volières, ces deux-là ont le ciel aux corps.



Mes chansons résonnaient souvent dans leur petite chambre lumineuse aménagée avec un lit double et tout ce qu’il faut pour vivre à petit jour leur histoire. L’été dernier, ils s’étaient préparés ensemble pour assister à mon spectacle dans la ville voisine. C’était une sortie très spéciale pour eux.



Le transport adapté ne s’est jamais présenté. Ils n’ont jamais vu le spectacle.



Puis le temps a passé doucement. Michelle a levé les voiles en novembre, elle aussi. Quatre jours après ma grand-maman. J’ai l’impression que c’est grand-mère qui lui a peut-être montré le chemin en laissant tomber quelques cailloux blancs derrière. On ne le saura jamais''



Beaucoup d'internautes ont été extrêmement émus en lisant ce texte. Et vous?



Source: La Presse +




Partager sur Facebook