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Témoignage déchirant d'une ancienne fugueuse sur le calvaire qu'elle a vécu..
Témoignage déchirant d'une ancienne fugueuse sur le calvaire qu'elle a vécu..




Témoignage déchirant d'une ancienne fugueuse sur le calvaire qu'elle a vécu..
"Elle pleurait pendant les rapports, mais les clients s'en foutaient éperdument. "

La série Fugueuse a été un véritable succès, et elle a mis en lumière un phénomène assez répandu dans notre société, mais qui passait malheureusement sous silence autrefois. On s'en doutait, mais pas autant. Suite au visionnement de certains épisodes, certaines anciennes fugueuses ont avoué avoir vécu de nouveau certains de leurs traumatismes. 



En entrevue avec TVA Nouvelles, c'est Sophie Lavoie Coursolle, âgée de bientôt 30 ans, qui a fait des révélations sur ce qu'elle a vécu: Elle a passé plus de dix ans dans la rue. Elle affirme d'ailleurs n'avoir jamais vraiment connu l'amour. 



Comme bien des jeunes femmes, elle a passé sous silence les gestes dont elle a été victime: 




''Mon premier rapport sexuel, c’était un viol à 15 ans. On m’avait fait boire. Je n’ai pas porté plainte. Je ne me rendais pas compte.''




Son calvaire a débuté d'une manière qui peut sembler banale: Dès l'âge de 16 ans, elle était une habituée des fugues à répétition. 




''J’allais traîner avec une amie au métro Henri-Bourassa, à Montréal. Là-bas, on savait qu’on allait se faire cruiser par des membres de gang plus âgés. On aimait ça se tenir avec ce monde-là, on trouvait ça cool.''




Ce sont bien évidemment ces criminels qui l'ont fait plonger dans l'industrie du sexe par la suite. Ils lui montraient d'autres travailleuses en racontant à quel point elles étaient belles et riches. 



C'est d'ailleurs beaucoup de manque de confiance en elle qui l'a conduit là :







''À l’époque, je pognais pas avec les gars, pis moi je voulais juste me sentir aimée. Je pensais que si je couchais avec eux, ils m’accepteraient dans leur gang.''




La jeune femme a même été très claire par rapport au ''salaire'' qu'elle touchait (mais auquel elle ne touchait pas vraiment, en fin de compte, comme on s'en doutait déjà): 




''Je touchais 80 $ pour une fellation et 180 $ pour un rapport complet. Tout était pour lui et il m’en redistribuait une petite partie pour vivre.[...]Je sortais de mon corps, en quelque sorte, pendant l’acte. La drogue m’aidait à faire ça. Je me disais que ce n’était qu’une enveloppe dont les hommes se servaient, que mon esprit était ailleurs.''




Son proxénète, avide d'argent, l'a envoyée travailler en Alberta. Là-bas, elle recevait souvent plus d'une vingtaine de clients par jour. Elle pleurait parfois même pendant les rapports sexuels, mais les clients s'en fichaient complètement. Elle pensait également au suicide. 



Elle était également battue cruellement par son proxénète, et aussi par certains clients. Elle a vécu énormément de traumatisme, comme celui-ci: 




''Je suis passée une fois à Toronto, c’était l’enfer. Je travaillais dans une grande pièce. Au centre, il y avait des chaises et des clients assis dessus. Nous les filles, nous dansions au milieu. Quand un homme te montrait du doigt, tu devais t’agenouiller devant lui. Tout le monde faisait ses affaires là-dedans, l’odeur était infâme.''




Bref, c'est un véritable enfer qu'a vécu cette jeune femme, comme beaucoup d'autres, d'ailleurs. 



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