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Le papa de deux adolescents qui travaillent présentement 50/h semaine dans une épicerie lance un cri du coeur
Le papa de deux adolescents qui travaillent présentement 50/h semaine dans une épicerie lance un cri du coeur




Le papa de deux adolescents qui travaillent présentement 50/h semaine dans une épicerie lance un cri du coeur
"À toi qui pètes des coches..."

Depuis le début de la crise du coronavirus, on remercie les travailleurs essentiels qui continuent jour après jour d’être fidèles au poste. On a souligné le travail important du personnel du milieu de la santé mais également des employés des épiceries qui eux aussi risquent leur vie pour que l'on puisse continuer de se nourrir.

On oublie souvent que plusieurs employés des épiceries sont en fait des jeunes d'âge scolaire. Même si les écoles sont fermées, ces jeunes sont loin d'être en congé faisant des quarts de travail plus longs et plus pénibles qu'à l'habitude. Les mesures mises en place pour assurer leur sécurité et celles des clients sont épuisantes sans compter les plaintes injustifiées qu’ils reçoivent chaque jour.

Le texte qui suit a été publié par un papa de deux adolescents de 16 ans qui travaillent présentement dans une épicerie. Il dénonce les agissements des clients et tente de faire réfléchir ceux qui passent leurs frustrations sur ses enfants lorsqu’ils sont mécontents.

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« À toi qui pètes des coches…

J’ai des jumeaux de 16 ans, un gars et une fille. Ou plutôt : un joueur de hockey et une joueuse de ringuette. (Voir photo) Des bons kids. Ma fille adore regarder Netflix, mon fils joue en ligne à la PS4. Des ados normaux.

Depuis la pandémie, ils sont en vacances forcées : pus d’école, pus de devoirs! La grosse vie sale… Mais vous ne les trouverez pas dans leur chambre ou au sous-sol. Ils sont à l’épicerie.

Ma fille fait maintenant des semaines de 50 heures et régulièrement des shifts de 12 heures. Elle a commencé à boire du café! (Elle déteste ça. Y faut ce qu’y faut...) À force de se désinfecter entre chaque client, elle a les mains usées, séchées, croûtées, ça saigne parfois… Sa mère lui a acheté une crème médicamentée par la porte entrouverte d’une pharmacie « entrouverte ».

Mon fils fait des « 16h à minuit ». En principe… En réalité, il ne quitte pas avant que toutes les commandes soient prêtes à livrer pour le lendemain. Ça veut dire qu’il finit vers 1 heure ou 2 heures du matin. Des semaines de 50 heures lui aussi.

Les deux reçoivent régulièrement des remerciements des clients, parfois même des pourboires ou des chocolats. Ils reçoivent aussi des insultes. Des « fuck you » téléphoniques gracieuseté de clients frustrés par les délais de livraison de leur commande. Des bêtises de gens qui trouvent qu’ils ne sourient pas assez… à la fin d’un shift de 12 heures.

Ma fille répond au téléphone pendant qu’elle passe des clients à la caisse. Elle se fait poser 1000 questions dont elle n’a pas la réponse. « Ma commande va arriver quand? » « Vous allez me rappeler quand? », « Pourquoi j’ai pas le produit que j’ai commandé? »… Elle a 16 ans. Elle travaille là depuis un mois…

La personne qui a la réponse à ces questions, c’est la gérante. La même gérante qui a éclaté en sanglots deux fois hier parce qu’elle travaille des heures de fou et qu’elle gère une situation ingérable. Un service essentiel qui a dû s’adapter pour faire face à une demande exponentielle et où la caissière qui a le plus d’ancienneté est rentrée en septembre.

À toi, qui pètes des coches au téléphone à ma fille parce qu’il y a une erreur dans ta commande, parce que personne ne t’a encore rappelé et ça fait 3 heures, ou juste pour passer ta frustration de confiné; sais-tu que les commerces qui te permettent de te nourrir sont portés à bout de bras par des ados qui pourraient facilement retourner chez eux regarder Netflix? Des ados qui se mettent eux et leur famille à risque? Des ados comme mes jumeaux. Des bons kids.

Penses-y à deux fois avant de mordre la main usée, croûtée et fatiguée qui te nourrit.

Un papa »





Source : Facebook

Crédit photo : Facebook




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