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Suite à la disparition d'Ariel, une internaute publie un texte crève-coeur
Suite à la disparition d'Ariel, une internaute publie un texte crève-coeur




Suite à la disparition d'Ariel, une internaute publie un texte crève-coeur
"On n'a pas réussi à retenir nos larmes en se glissant dans la peau de ses parents, qui vivent ce que la vie fait de pire. "

Il y a des choses dans la vie qu'aucun être humain ne devrait avoir à vivre, et c'est le cas lors de la perte d'un enfant. Aucun parent ne devrait devoir composer avec cette douleur, ce mal qui prend possession de tout le reste. 



On ne peut qu'imaginer l'atroce souffrance que vivent présentement les parents du jeune Ariel, qui est porté disparu depuis maintenant plusieurs semaines. De ne pas savoir ce qui se passe avec leur fils, ça doit être la douleur la plus horrible qu'on puisse connaître. 



On garde espoir qu'il soit retrouvé malgré tout. Les marques de sympathies se sont multipliées sur le web, et un texte en particulier a attiré notre attention. 



Signé par une dénommée ''Rebelle'', il est rempli de vérités et décrit bien la réalité d'un parent. 



On vous laisse le lire sans plus attendre.






Les souliers jaunes...



On a tous cet enfant de 10 ans qui quitte la maison pour se rendre à pied chez un ami, on a tous ce petit Maxime, Mathieu, Loïc, Billy, Jérémi. Un enfant qui quitte la maison c’est normal, le problème, c’est celui qui ne revient pas.



Quand la sirène a retenti dans ma radio mardi, j’ai eu froid dans le dos. J’ai ressenti ce déchirement qui m’avait déjà traversé au moment ou dans une foule immense ma fille s’était égarée. J’ai vécu l’horreur pendant 17 minutes, l’horreur je vous dis, c’est comme si on m’avait arracher le cœur.



Si y’a un morceau qu’on peut pas lâcher, si ya un moment dans la vie où on est incapable de maintenir normalement le cours de sa vie, c’est ben quand notre kid part du point A pis atteint jamais le point B. Quand l’explication est quelque part entre les deux, mais que personne n’a rien vu de ce qui s’est passé. La solution est là, dans un angle bizarre de caméra, elle est là dans le char de quelqu’un qui l’a vu passer sur la rue, quelqu’un qui a remarqué les p’tits souliers jaunes, elle est là cette raison du non-retour, sur une avenue achalandée de passant, de commerce, de gens comme vous et moi qui ont croisé la même route au même moment.



On questionne les gens, les commerçants, on fait appel au public, on ratisse les bois, les rives, le font d’une rivière, on tente de retrouver les traces malgré la tempête qui s’est abattue et dont personne n’avait réellement besoin. On repense au Jolene, au cédrika, à la petite Julie aussi pis à Alexandre après ça on panique en pensant à notre Jessica, notre Émilie, notre Samuel, pis on se demande si le bonhomme 7 heures existe réellement.



C’est pas inexplicable cette histoire-là. Y’a la thèse de la fugue, de l’enlèvement, de l’accident, y’a une réponse quelque part derrière un camion, un buisson, quelque chose ou quelqu’un a attiré son attention, les souliers jaunes ont déviés, ils se sont enfargés, ils ont voulut aider se sont trop aventuré. C’est pas un film de Twilight Zone, c’est pas du X files, y’a pas Batman qui va ramener l’enfant blotti sous sa cape de super héro, c’est Montréal ici, pas Gotham city même si on voudrait bien que se soit juste une histoire de bande dessinée. Y'a quelque chose qui nous manque pis c'est caché quelque part dans l'après-midi de lundi dernier.



Ya rien de plus banal que de marcher sur une rue a 10 ans. On va s’acheter de la gomme au dépanneur, on revient de l’école avec les chums, on va patiner au parc, on va chez un ami jouer au jeu vidéo. Maman donne les consignes importante de jamais s’arrêter, de pas parler aux inconnus, de ne pas s’approcher des chiens, de pas jouer sur les bords de la rivière, elle répète encore et encore chaque consigne, lui dit d’appeler quand il sera arrivé pis avant de repartir pour compter les minutes que ça prend pour revenir.






Une maman ça connait le temps que ça prend pour revenir de partout, ça regarde l’heure, ça attend le texto qui soulage, celui qui rassure. Ben on fait quoi quand le texto ne rentre pas, quand la porte d’entrée ne s'ouvre pas. On se dit que son cell est déchargé, le réseau non disponible, que le p’tit a encore oublié ,trop pressé d’aller jouer, on se répète qu’il va arriver, on essaye de se calmer. Ça monte vite l’angoisse dans ce temps-là. On regarde dehors au 5 minutes en espérant retracer les petits souliers qui se démarque comme un petit soleil dans l'avant tempête. On se parle pour essayer d’effacer les images de gros titres sur un journal, on met de la musique pour plus penser à Cédrika, Alexandre, Jolène, Julie. Mais la musique on ne l’entend pas pis on se rend a l’évidence que ses souliers sont toujours pas dans l’entrée.



On lui a dit tellement souvent de les ramasser, de pas marcher avec dans la maison quand ils étaient mouillés, on était tellement tanné de les remettre en place, à leur place, pis là, on voudrait tant les voir trainer pour avoir la chance de les ramasser. L’entrée est vide esti, le téléphone sonne pas. On se souvient des reportages qui disent que les premières minutes sont primordiales, mais loger l’appel pis signaler les 3 chiffres c’est reconnaitre une partie de l’inévitable.



On s’imagine un peu qu’une lettre livrée par un hibou a invité notre gars à Poudlard pour sa première année d’apprentis magiciens, pis qu’on n’en savait rien. Ça fait moins mal que de penser aux plongeurs qui vont affronter le courant d’une rivière ou ben la gendarmerie, les hélicos, les enquêteurs, pis ce moment déchirant où on devra choisir une photo à faire circuler sur tous les réseaux sociaux.



On peut juste pas disparaitre de même sans laisser aucune trace en laissant seulement le son d’une sirène à la radio pis un gros titre sur un journal, on peut pas juste s’effacer sans laisser rien d’autre que l’image de ses souliers jaunes sur une caméra de surveillance de station-service en plein Montréal.

Ça prend des mots d’encouragement, ça prend de l’espoir, des prières, un lampion, le chapelet au complet pour avoir le courage de survivre à chaque minute qui nous est livré directement de l’enfer.



Je peux même pas m’arrêter pour penser une seule seconde à ce que je voudrais qu’on me dise pour m’encourager, même pas les mots d’une amie, d’un curé, d'un flic, d’une voyante. Ya rien que je voudrais entendre mise à part le son des souliers mouillés sur mon plancher fraichement lavé.



Source: Facebook de Miss Rebelle Anick Claveau



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